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Directeur préparant un entretien de mobilité interne pour évoluer dans son entreprise
Carrière Entretiens

Mobilité interne : pourquoi vos entretiens n’aboutissent pas ?

Stéphanie Silvestre-Pottin
Stéphanie Silvestre-Pottin

Vous connaissez l’entreprise. Votre travail est reconnu. Vous avez déjà fait vos preuves et le poste que vous visez semble cohérent avec votre parcours. Pourtant, après plusieurs entretiens de mobilité interne, la réponse reste la même : votre candidature n’aboutit pas.

La tentation est alors de chercher ce qui vous manque : une compétence, une expérience, davantage de visibilité ou le bon réseau. Ce sont parfois de vraies raisons. Mais le problème peut aussi être ailleurs.

En mobilité interne, être reconnu dans son poste actuel ne suffit pas. Il faut permettre aux décideurs de vous imaginer dans un rôle qu’ils ne vous ont encore jamais vu exercer.

Être connu peut paradoxalement compliquer votre candidature

Lorsque vous postulez à l’extérieur, votre interlocuteur découvre votre parcours à partir de ce que vous choisissez de lui présenter. En interne, il existe déjà une représentation de vous.

On vous connaît comme excellent expert, manager fiable, directeur opérationnel performant ou personne capable de résoudre certains types de problèmes. Cette réputation constitue un capital précieux. Mais elle peut aussi vous enfermer dans le rôle dans lequel vous avez réussi.

Le recruteur ou le décideur n’évalue donc pas seulement vos compétences. Il doit réussir à répondre à une autre question : est-ce que je le ou la vois vraiment dans ce nouveau rôle ?

Votre enjeu n’est pas seulement de démontrer votre valeur. Il est de faire évoluer la représentation que l’entreprise a déjà de vous.

Vous préparez peut-être moins votre entretien parce que vous êtes en interne

La familiarité avec l’entreprise peut créer un faux sentiment de sécurité. Vous connaissez les interlocuteurs, les enjeux, le vocabulaire, parfois même l’équipe concernée. Vous pouvez donc avoir le sentiment qu’il est inutile d’expliquer ce que tout le monde sait déjà.

Or votre interlocuteur ne cherche pas seulement à vérifier votre parcours. Il cherche à comprendre pourquoi vous êtes la bonne personne pour ce poste précis.

Votre connaissance de l’entreprise ne remplace donc pas un véritable travail de positionnement : pourquoi ce rôle ? Pourquoi maintenant ? Qu’allez-vous apporter à ce niveau de responsabilité ? Qu’est-ce qui, dans votre parcours, permet de vous y projeter ?

Plus vous êtes connu, plus il peut être nécessaire de rendre explicite ce que vous pensez évident.

Vos réussites passées ne démontrent pas automatiquement votre capacité à réussir demain

Une erreur fréquente consiste à construire son argumentation autour de ses résultats actuels : projets réussis, objectifs atteints, équipes développées, reconnaissance obtenue.

Ces éléments sont importants. Mais un poste supérieur ou différent ne demande pas simplement de faire davantage de ce que vous faites déjà.

Il peut exiger un changement de périmètre, davantage de transversalité, une autre capacité d’influence, une vision plus stratégique, une exposition différente ou une nouvelle posture vis-à-vis de personnes qui étaient jusqu’ici vos pairs.

La question n’est donc pas seulement de savoir si vous êtes performant aujourd’hui, mais si votre interlocuteur dispose de suffisamment d’éléments pour anticiper votre réussite dans un contexte différent.

Votre posture pendant l’entretien compte autant que votre argumentaire

Lorsqu’un poste représente une évolution importante, l’entretien devient aussi un moment où votre interlocuteur observe la manière dont vous vous positionnez.

Vous pouvez avoir toutes les compétences requises et néanmoins minimiser votre contribution, rester très centré sur votre expertise actuelle ou avoir du mal à parler de vos ambitions. À l’inverse, vouloir absolument démontrer que vous êtes prêt peut vous conduire à surjouer la confiance ou à répondre trop vite.

Le stress peut également modifier votre manière de communiquer : réponses trop longues, besoin de convaincre, difficulté à prendre du recul ou à faire entendre clairement votre valeur.

Dans ce type d’entretien, le fond et la posture sont difficilement séparables. La manière dont vous vous présentez donne déjà des indications sur la manière dont vous pourriez occuper le rôle.

Ne partez pas de ce que l’entreprise sait déjà de vous

Avant votre prochain entretien de mobilité interne, posez-vous cette question :

« Si l’on oubliait mon poste actuel, qu’est-ce qui permettrait concrètement de me projeter dans celui que je vise ? »

Regardez alors trois éléments : ce pour quoi vous êtes aujourd’hui reconnu, ce que le nouveau rôle exige réellement et les situations dans lesquelles vous avez déjà démontré votre capacité à exercer à ce niveau ou dans ce nouveau registre.

Vous pourrez ainsi identifier l’écart entre votre réputation actuelle et l’image professionnelle que votre interlocuteur doit construire pour pouvoir vous confier le poste.

En mobilité interne, votre réputation raconte ce que vous avez déjà réussi. Votre entretien doit permettre d’imaginer ce que vous réussirez demain.

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